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Au pressing, le solvant fait des mécontents
Date de parution : 20/12/2010

La polémique enfle autour du perchloroéthylène après l'ouverture d'une information judiciaire à Nice. A Rennes, deux restaurateurs ont entamé une procédure contre le pressing voisin.

 

Depuis des années, Thierry Drouin se sent mal. Maux de tête, fatigue, nausée, perte de connaissance. Le jeune homme tient un restaurant dans la galerie marchande des Almadies, à Rennes. "Les premières analyses ont révélé une présence anormale de perchloroéthylène dans l'air, expose le restaurateur. Ce solvant est utilisé par le pressing d'à côté pour les nettoyages à sec."

Le médecin lui a diagnostiqué des lésions au cerveau. Les émanations du solvant passeraient par les faux plafonds communs à toute la galerie avant de retomber dans le restaurant où travaillent Thierry Drouin et son associé Pascal Denot. Tous deux ont crée, en 2006, l'Association des victimes du perchlo. Une expertise, réalisée en 2007, a pourtant déclaré conformes les installations du pressing voisin.

 

Méthodes Bio en Vendée

 

Leur situation a repris de l'actualité ces derniers jours. Une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Nice pou "homicide involontaire" contre un pressing. Fin 2009, une Niçoise, qui vivait au-dessus de ce commerce, à succombé à une crise cardiaque. L'autopsie a révélé la présence anormale de solvant dans son corps. La victime avait adhéré à l'association des deux Rennais.

 

Les associés ont dépensé 30 000€ en frais de procédure. Et pour obtenir des analyses de l'air du restaurant, réalisée par un exepert nommé par la cour d'apel de Rennes.

 

"Le pressing y est désigné comme la provenance du perchloroéthylène dont la présence est 10 à 18 fois supérieure à ce que préconise l'Organisation mondiale de la santé", révèle Thierry Drouin.

 

Son emploi est réglémenté. On n'a pas le droit de le stocker et il doit être utilisé peu après sa livraison. Un arrêté ministériel de 2009 impose des épurateurs et un système permanent de ventilation. Mais in n'est pas interdit.

 

"Nous n'avons rien trouvé de mieux pour éliminer les tâches de graisse, explique la patronne du pressing de la galerie des Almadies. Je reste respecteuse de l'environnement et de mes voisins. Mais je devrais arrêter mon activité si je n'utilise plus le perchlo. Les méthodes bio ne fonctionnent pas."

Des pressings ont pourtant décidé de changer. Aux Herbiers (Vendée), par exemple, Bernard et Mylène Chiron sont passés à un solvant moins dangereux. Ils ont investi 40 000€ dans une machine à lavé de type "aquanettoyage", chère mais plus respectueuse de l'environnement : "En arrivant le matin, il n'y a plus d'odeur et c'est agréable."

Thierry Drouin et Pascal Denot attendent avec impatience l'arrêt de la cour d'appel, à la suite de l'expertises réalisée. La patronne du pressing aussi. "Notre santé est menacée, notre commerce ne vaut plus rien, soupirent les deux associés. Nous avons hâte d'arriver au bout de notre chemin de croix."

Article du Ouest France, écrit par Serge LE LUYER

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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