L'influence des lieux sur le vivant

Qualité air intérieur

Les symptômes liées aux polluants de l'air intérieur

Les symptômes apparaissent ou se développent :

  • après avoir déménagé dans un nouveau domicile,
  • après une inondation ou un dégât des eaux,
  • suite à des travaux de rénovation ou de bricolage,
  • après l'acquisition de meubles, tapis ou autres matériaux susceptibles de dégager des substances chimiques,
  • lorsque la ventilation est réduite ou absente ( en hiver particulièrement ),
  • dans une pièce spécifique,
  • lors de changements de saison.

Plusieurs occupants présentent les mêmes symptômes.

Les symptômes disparaissent ou s'atténuent quand les personnes atteintes quittent la maison ou une pièce donnée ( période de 1 à 2 jours ).

Le syndrome des bâtiments malsains « stick building syndrome » regroupe un ensemble complexe de symptômes ( irritation nasale, oculaire, enrouements, ... ) souvent vécus dans des locaux non climatisés et qui disparaissent à l'extérieur de ces mêmes locaux.

Le syndrome de sensibilité chimique multiple ( MCS) se caractérise par une intolérance à certaines odeurs ou produits chimiques ( hydrocarbures, pesticides, matériaux plastiques ) et entraîne des manifestations type allergique ou à des anomalies immunologiques ( auto-anticorps ). Cet état peut engendrer un véritable handicap dans la vie quotidienne.

A la recherche de valeurs guides

Les différents polluant chimique, biologique et physique ( particules ) participent à l'analyse de la qualité de l'air intérieur soit d'une façon isolée ( amiante ) ou en synergie ( formaldéhyde, acétaldéhyde, ... ) cette dernière approche est naissante dans sa méthodologie.

Les contaminants de l'air intérieur constituent des sources d'émission mesurables quant à leur impact sur certaines pathologies ( amiante, mésothéliome ) et parfois plus diffus sur les maladies allergiques ( asthme, rhinite, conjonctivite, dermatite chronique, syndrome d'hypersensibilité, multiple MCS ). Beaucoup de ces pathologies ne sont pas spécifiques d'un polluant donné ce qui entraîne une réelle complexité de la relation de causalité ( polluants, effets sanitaires ).

L'objectif du Plan National Santé Environnement ( PNSE ) avec l'AFF Set, OQAI ( Observatoire de la Qualité de l'Air Intérieur ) est d'établir des valeurs guides des contaminants de l'air intérieur. A l'échelle internationale des valeurs de recommandations sont proposées ( OMS, Index ... ) et appliquées dans certains pays.
La campagne nationale sur les logements ( 2003/2005 ) conduite par l'OQAI confirme la difficulté de situer les niveaux de concentration et d'instaurer des mesures de réduction au risque potentiel encouru. Mais cette étude nous donne une première photographie de la qualité de l'air intérieur de nos logements.

Photographie de la qualité de l'air intérieur de nos logements

Campagne nationale sur la qualité de l'air dans les logements en France, au total 507 logements ( 1612 individus enquêtes ) représentatifs de la situation de 24 millions de résidences principales sur la période ( 2003/2005 ).

La majorité des polluants sont présents dans les logements et confirment la présence de multiples sources de pollution intérieure ( matériaux, équipements, entretien ... ) et des conditions aération – ventilation.

On constate que les polluants sont plus présents à l'intérieur qu'à l'extérieur ( le Benzène ) et dans la majorité des cas, l'air des garages attenants est plus pollué que le logement lui-même.

Quelques indices :

  • tous les COV sont présents dans 80 % à 100 % des logements ( formaldéhyde, acétaldéhyde, toluène, hexaldéhyde, xylène ... ),
  • les allergènes d'acariens sont observés dans les poussières de matelas à plus de 90 % des logements,
  • les allergènes de chiens et de chats ne pas très fréquents dans l'air respectivement 9 % à 25 %.
  • les particules : radon mesure inférieure aux normes 82-2000 ; rayonnement gamma ( 5 % dépasse 0.1 ?Sv/h )

Les sources émettrices des polluants intérieurs

Cette photographie de la qualité de l'air intérieur de nos logements permet d'établir une cartographie des grandes sources émettrices.

  • les caractéristiques de la construction : environnement, conception, sous-sol, matériaux de construction, de finition,
  • les systèmes de ventilation, chauffage et climatisation,
  • les occupants et leurs activités : fumée de tabac, animaux domestiques, mode de cuisson ...
  • les équipements : mobilier, imprimantes, humidificateur,
  • entretien et maintenance : produits de nettoyage, pesticides ...

Les différentes sources nous indiquent que cette pollution de l'air intérieur est maîtrisable à l'inverse d'une pollution extérieure imposée.

Les différentes techniques de mesure des polluants de l'air intérieur

La recherche des différents polluants, qui jouent un rôle dans l'aggravation ou l'apparition de différentes pathologies ( respiratoires, cutanées ... ), doit être entreprise via des mesures effectives seules capables d'apprécier une situation.

Les mesures peuvent être réalisées par des bureaux d'études spécialisés dans l'environnement intérieur ex : CMEI ( Conseillers Médicaux en Environnement Intérieur ) ou pratiquées en auto – analyse.

Les polluants chimiques ( les COV, formaldéhyde ... ) :

  • les COV totaux : mesure type tubes radiello et analyse labo
  • formaldéhyde : mesure appareil type CMS ou bio – check et ozone
  • monoxyde de carbone : prélèvement ponctuel ou continu appareil portatifs ou tubes réactifs
  • radon : mesure type avec dosimètre

Les polluants biologiques ( acariens, blattes ... ) :

  • acariens : prélèvement poussière analyse laboratoire ou test – acarex,
  • les blattes : prélèvement poussière et labo méthode Elisa,
  • moisissures : prélèvement d'air, matériaux, poussières et analyse labo.

Les mesures des facteurs physiques :

  • la température ( station météo )
  • humidité relative ( hygromètre )
  • vitesse de l'air ( renouvellement )

La prévention : comportements et produits

Optimiser la qualité de l'air intérieur que nous respirons ( les enfants de – 15 ans ventilent deux fois plus que les adultes ) c'est avant tout être attentifs à nos comportements.

Les comportements :

  • comportement des occupants ( tabagisme, propreté des animaux, aération insuffisante ( naturelle ou mécanique))
  • achat de matériaux de construction, d'isolation, de finition, d'ameublement ou produits entretien en tenant compte de leurs qualités sanitaires.
  • ventilation mécanique mal maîtrisée : VMC insuffisante, pas d'entretien du système de ventilation ou de la hotte de cuisine
  • excès d'humidité et moisissures : infiltration ou dégât des eaux non corrigés ou séchage du linge humide en permanence dans le logement.
  • mauvais entretien installations de chauffage ( conduits, filtres, cheminées ... ) ou usage non maîtrisée des appareils de chauffage d'appoint.

Les solutions produits :

  • les épurateurs d'air
    Les différentes techniques d'épuration d'air ( photo catalyse, filtration mécanique ou électronique, plasma froid, adsorption physique ou chimique ) se développent avec des prix raisonnables. Mais il est difficile de comparer les différentes techniques, de part l'absence de protocoles de procédures d'essai ( voir ADEME ) qui permettrait d'objectiver leurs impacts sur l'épuration de l'air intérieur.
  • les plantes comme épurateurs.
    Les expériences qui font référence dans ce domaine sont celles de Wolverton ( épuration de l'air des véhicules spatiaux ). Certaines plantes ont une réelle capacité d'élimination des polluants exemple : le Nephrolepsis Exaltata pour le formaldéhyde. Cette voie est à nouveau exploitée avec une forte augmentation des publications à ce sujet. Mais la terre des plantes est un substrat idéal pour le développement de l'Aspergillus fumigatus ( moisissures ).
  • contrôle de l'humidité et de la température. La mesure de l'humidité relative se réalise avec des hygromètres soit mécanique « à cheveux » ou à variation d'impédance ou via les stations météo actuels. Un habitat dont la température est de 20°C, nécessite un taux de 40 % à 60 % d'humidité relative. On peut parfois recommander moins de 45 %.

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